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Le Temps d’Une Femme

Updated: 3 days ago




Ce texte est inspiré d' un post Facebook de Nathalie Fleury sur la maternité.


En quelques lignes, Fleury soulève implicitement un mal bien réel dans notre société africaine : celui de remettre en question l’existence d’une femme lorsqu’elle n’a pas encore fait d’enfants après un certain âge.

La maternité…


Un événement supposé naturel et acquis pour toutes les femmes, devient en réalité un combat pour certaines et une véritable torture pour d’autres.


Il existe un âge où tomber enceinte est une honte pour ta famille. Puis arrive un autre âge où ne pas avoir d’enfant est vue, cette fois aussi, comme une honte pour cette même famille.


Tu deviens alors le sujet des congossas, des requêtes de prières, des séances d’intercession et de délivrances.


Honnêtement, la femme africaine est souvent victime des opinions d’une société contradictoire qui prétend parler au nom des traditions et des coutumes.


Pourtant, aucune tradition au monde n’a jamais créé un être humain. Mais curieusement, les nôtres exigent que nous procréions pour prouver notre valeur.



En tant que femmes, nous devons parfois examiner les vraies raisons de notre désir à devenir mères.


Quelles que soient les raisons, demandons-nous aussi ceci :

Notre existence, en tant que femmes noires, se résume-t-elle uniquement à enfanter ?


Pourquoi le voulons-nous ?


Est-ce parce que nous le désirons vraiment ?

Est-ce une réaction biologique liée à l’âge ?

Est-ce pour prouver notre féminité ?

Est-ce pour sauver une relation ? Ou pour remplir un devoir imposé par la tradition ?


Si c’est le cas, pourquoi alors condamner celles qui deviennent mères à l’adolescence ? Pourquoi alors poursuivre une éducation ? ou une carrière ?



Nos sociétés observent quelques expériences, en tirent une moyenne, puis imposent leurs conclusions à toutes les femmes, sans tenir compte de l’histoire individuelle de chacune.


Pourtant, même la Bible nous rappelle que Sarah a accouché à quatre-vingt-dix ans.


Dans la vie, certaines femmes semblent tout obtenir sans effort : prêtes ou pas à être mères, elles font des enfants facilement.


D’autres en désirent profondément et suivent toutes les règles avec discipline, mais n’arrivent pas à concevoir. Et cela peut s’expliquer par plusieurs facteurs tels que des difficultés de fertilité venant du côté d’un des partenaires.


Aussi, nous sommes Africains. Et dans nos réalités, certains n’écartent pas non plus l’influence d’emprises spirituelles causées par des ennemis.


À cela s’ajoutent les situations où certaines femmes, pour des raisons physiques ou traumatiques, ne peuvent plus accoucher.


Et puis il y a celles qui n’en veulent pas — tout simplement.


Tout cela pour dire une chose simple : chaque femme traverse sa propre épreuve face à la maternité.


Pour celles qui désirent sincèrement devenir mères et qui se sentent prêtes, il faut se rappeler une chose essentielle :

La vie ne suit aucune formule universelle.

La vie ne fonctionne pas selon nos équations.



Le temps de l’une n’est pas le temps de l’autre.

Il est parfois inutile de chercher à expliquer ces différences.


Oui, donner la vie est une bénédiction. Mais aussi une grâce.

Et ce désir ne devrait jamais naître sous pression.


Être mère ne se résume pas à neuf mois de grossesse et à accoucher.

Être mère, c’est être prête — physiquement, spirituellement et financièrement pour répondre aux besoins d’un enfant.


Dans notre réalité actuelle, mettre au monde exige réflexion et maturité.


Évidemment, personne ne souhaite se sentir vide. Mais certaines réalités de la vie échappent à notre contrôle. Par conséquent, nous devons parfois accepter de ne pas forcer ce qui ne peut être forcé.


Ne cherchons pas toujours des sorciers ou des coupables imaginaires. La plupart du temps, c’est simplement la vie.


Il faut surement être encore plus patiente.


En effet, l’attente pour devenir une maman peut se montrer assez longue et douloureuse, surtout lorsque la famille exerce une pression constante.


Les petites sœurs humilient.

Les ennemis se moquent. Et cette pression s’intensifie malheureusement même dans les églises.


Chaque conversation rappelle à ces femmes que leur âge avance. Elles sont accusées d’être trop difficiles, trop exigeantes. Et le plus souvent, ceci les pousse à faire des choix précipités pour faire taire le bruit autour d’elle.


Certaines se soumettent à des examens médicaux interminables, éprouvants et parfois humiliants, simplement pour prouver qu’elles sont encore « normales ».


D’autres inventent des grossesses suivies de fausses couches pour éviter les regards accusateurs.


Un autre groupe, désespéré, se tourne vers des pratiques mystiques ou dangereuses dans l’espoir de concevoir.


Dans cette exercise épuisant, les femmes deviennent peu à peu, déboussolées, tourmentées, parfois amères face à la vie.


Sous le poids de cette détresse, certaines finissent par poser des choix qu’elles regretteront plus tard : avoir un enfant avec n’importe qui — hommes mariés, inconnus ou partenaires irresponsables.



Et lorsque la réalité de la maternité se révèle plus complexe — un enfant qui naît avec des besoins particuliers, une maladie ou un trouble du développement — les mêmes voix qui exigeaient cet enfant sont souvent les premières à juger ou à se moquer.


Les accusateurs oublient alors qu’ils faisaient partie de ceux qui réclamaient un enfant à tout prix.



Tout comme Fleury, je voudrais encourager les femmes qui ne sont pas encore mères.


Pendant votre attente :


Chérissez chaque instant de votre vie.


Profitez de votre liberté pour découvrir qui vous êtes vraiment et vous préparer, car la maternité peut parfois arriver dans un emballage inattendu.


Poursuivez vos ambitions.


Ne vous comparez pas aux autres femmes. N’enviez personne.


Et réjouissez-vous toujours du bonheur des autres.


La vie n’oublie personne.


Aucune femme n’est supérieure parce qu’elle a des enfants.

Aucune femme n’est plus bénie parce qu’elle a accouché.


Celles qui pensent le contraire n’ont pas encore été terrassées par les tempêtes de la vie.


Nous avons toutes des horloges et des chemins différents.


Toutes les femmes ne deviendront pas mères uniquement par l’accouchement.

Certaines le deviendront par adoption.

D’autres par d’autres voies.


La vie saura honorer votre disposition.


Aussi, même face aux pressions de notre société, il nous appartient de découvrir et d’accepter notre propre définition du bonheur.




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